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Françoise Dumont-Muraille - Kinésiologie
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Kinésiologue : un vrai métier

Aujourd’hui est l’une de ces journées baignées de soleil comme on les aime. Les arbres prennent doucement leurs teintes vert tendre. A chaque lever, je guette les signes du printemps. C’est la période de l’année que je préfère !

Et pourtant, aujourd’hui, malgré ce beau soleil et l’appel vibrant de la nature, je suis restée devant mon pc pour mettre à jour mon site web. Pas que je veuille vendre à tout prix, non. Mais pour satisfaire à la paranoïa ambiante générée par la précarité de nos professions depuis que le Ministère de la Santé s’est mis à légiférer en la matière.

Je ne connais pas les détails de l’affaire, mais il est revenu à mes oreilles qu’une collègue de Flandre qui pratique la kinésiologie, entre autres outils (coaching, hypnothérapie, …) avait été « entendue » par la Police, sur ordre du Ministère de la Santé, pour « exercice illégal de la médecine ». Elle ne fait pas partie de l’association de kinésiologues dont je fais partie, dès lors je ne connais pas les tenants et aboutissants de cette histoire, mais ça a quand même de quoi faire flipper !

Quiconque a fréquenté le cabinet d’un kinésiologue (en tous les cas de l’association de kinésiologues dont je suis membre) sait qu’il ne fait pas de médecine ! On ne prescrit rien, on n’établit aucun diagnostic, on ne soigne pas. Sur les bancs de l’école de kinésiologie où je me suis formée, on nous a seriné cela maintes et maintes fois. Et avec raison !

On nous a également déconseillé d’utiliser les termes : thérapie, thérapeute, thérapeutique, soigner, guérir, etc.

En effet, nous ne sommes pas thérapeutes, pas plus que nous ne sommes médecins. Néanmoins, la kinésiologie est un métier à part entière, et un excellent complément à toutes les formes de thérapies plus classiques (psychologie, psychiatrie, médecine allopathique, …).

Dans un premier temps, j’avais adhéré à la Fédération de kinésiologie. Avec le temps, j’ai réalisé que c’était juste une vitrine et qu’elle ne remplissait pas son rôle de fédération. C’étaient de gentils amateurs.

Chemin faisant, j’ai également constaté qu’il y avait de grandes disparités de niveaux entre les kinésiologues. Si personnellement je me suis formée dans une école avec un niveau d’exigences élevé et une formation complète (près de 1.400 heures de cours, examens, cours en anatomie, en psycho-communication, en éthique et déontologie, etc), cela ne semblait pas être le cas des autres centres de formation en kinésiologie. En effet, une personne ayant suivi quelques modules de kinésiologie peut se proclamer kinésiologue, sans accomplir le parcours complet que certains d’entre nous ont fait.   

Dans ce contexte, comment faire confiance au praticien en kinésiologie que l’on va consulter ? Surtout dans la situation politique actuelle, où le Ministère de la Santé légifère et commence à s’intéresser à tous les métiers « complémentaires », comme ce fut le cas pour les naturopathes, les ostéopathes et, plus récemment, les psychothérapeutes.

Depuis mon départ de la fédération, ils ont fait un effort, mais c’est encore insuffisant en matière de professionnalisation de notre métier.

J’adhère depuis 2 ans à l’Association Professionnelle de Kinésiologues - APK-BvK Asbl[1], qui a été fondée en 2014 par une kinésiologue soucieuse de professionnaliser la kinésiologie, afin de protéger notre métier. 

Assistée de juristes et d’avocats spécialisés dans ce domaine, soutenue par un noyau de kinésiologues ayant 20 ans de métier, elle a consacré des mois à monter cette association, de manière à la rendre la plus solide et la plus inattaquable possible et à ce qu’elle soit un réel outil au service de notre profession et de ses professionnels. 

Cette association protège ses membres, mais aussi les clients de ses membres, et bien d’autres choses encore. Pour en devenir membre, il faut répondre à des critères correspondant à un niveau de « bachelier professionnalisant ». Cela se base sur ce qui se fait pour la kinésiologie et d’autres métiers similaires dans d’autres pays en Europe.

Depuis sa fondation, l’APK-BvK Asbl semble boudée par les professionnels de la kinésiologie. Pourtant, une telle association est indispensable aujourd’hui, puisque la fédération ne remplit pas et n’a manifestement jamais rempli cette mission.

Dans un monde qui prône la facilité, le niveau d’exigences de l’APK est élevé : un cursus complet s’étalant sur plusieurs années, un nombre élevé d’heures de formation, examens, mémoire de fin d’études, être suivi par un superviseur, assister à des intervisions entre collègues, obligation de souscrire une assurance RC professionnelle spécifique pour kinésiologues, …

En soi, rien d’extraordinaire. Sauf qu’à part l’Institut Belge de Kinésiologie (pour encore quelques mois seulement), aucun centre de formation en Belgique n’offre le niveau de formation requis.

La plupart des centres de formation proposent un éventail de techniques et non pas un métier, comme c’est le cas de la plupart des métiers qui entrent officiellement dans le système de formation actuellement reconnu auprès des administrations.

De même, ces centres de formation semblent refuser de se remettre en question. Tout au plus ont-ils introduit dans leur offre une proposition de quelques heures de cours en anatomie et éthique/déontologie.

Ces mêmes centres de formation ne veulent pas faire passer un seul examen à leurs élèves, sous prétexte que « les gens ne veulent pas » et ils ne proposent pas de programme complet « par manque de moyens ».

Si ces arguments sont compréhensibles, ne pourrait-on imaginer que les centres de formation s’associent entre eux pour assurer tous ensemble un cursus complet de qualité, sans se mettre individuellement en difficulté financière ? Ne pourraient-ils également s’entendre entre eux pour tous exiger de leurs élèves qu’ils se soumettent à des examens pratiques et théoriques ?

Actuellement, la fédération a pris sur elle de faire passer un examen pratique aux kinésiologues qui souhaitent intégrer ses rangs. Mais ce n’est pas le rôle d’une fédération. Et quelle garantie de qualité cela donne-t-il ?

Je ne comprends pas que tous les kinésiologues et tous les centres de formations et écoles de Belgique ne se serrent pas les coudes. Comment peuvent-ils se planter la tête dans le sable et ne pas voir ce qu’il se passe aujourd’hui ? Ce n’est pas parce qu’on est seul dans son cabinet quand on exerce que l’on est à l’abri du monde du dehors. Que ferons-nous si l’on nous interdit d’exercer notre métier ?

A l’heure actuelle l’Union Belge des Naturopathes, qui s’est magnifiquement bien défendue jusqu’au conseil d’Etat, accueille ses membres avec un cursus de 4 années, et pour les ostéopathes, on monte à 5 années de formation. 

Il faut se poser la question de savoir si l’on défend un métier (cursus) ou une simple technique acquise en quelques heures, avec le risque de se faire inclure d’office dans un métier déjà établi, comme ce fut le cas pour les psychothérapeutes.

Il faut nous unir. Il faut mettre en place ce qui est nécessaire pour protéger notre métier et ne pas être obligés, comme les psychothérapeutes et les écoles de psychothérapie, de changer de métier ou d’aller de recours en recours en justice contre l’Etat… C’est l’objectif majeur de l’APK-BvK[2] aujourd’hui. Mieux vaut prévenir que guérir. Vous ne pourrez pas dire que vous n’aurez pas été prévenus.

Bon week-end à tous.



[2] Tout le monde peut apporter son soutien à l’APK-BvK Asbl en devenant :

  • « membre adhérent » avec un versement de 50€, pour être tenu au courant du travail de l’Association, ou
  • « donateur » et verser une somme libre pour couvrir les frais de conseils juridiques et les rencontres auprès des Associations et Administrations.   

Célébrer le printemps


Demain, c’est le printemps. L’hiver nous aura tenus sous sa coupe jusqu’au bout. Ce matin, il gelait encore à -3° !

Réjouissons-nous de sortir de notre longue hibernation et de reprendre progressivement (je ne perds pas espoir) nos activités extérieures ! Les oiseaux nous gratifient de leurs chants depuis plusieurs semaines déjà, les bourgeons sont prêts, le forsythia grille d’impatience, la nature attend le feu vert !

Et nous, dans tout ça ? Que sont devenus nos rêves ? Comment nous sentons-nous ? Sommes-nous aussi prêts à exploser de joie dans la lumière revenue ?

J’ai repris mes activités professionnelles dans le Brabant Wallon depuis 1 mois ½ et je ne peux que m’en réjouir. Quel bonheur de pouvoir exercer à nouveau ce pour quoi je suis faite !

De plus en plus, j’entends autour de moi qu’il y a des personnes en burn out, en bore out ou en brown out. Parce que, oui, on a établi des distinctions entre ces 3 états : certains sont submergés de travail et ont le cerveau grillé, pendant que d’autres s’ennuient et que les 3èmes ne trouvent pas de sens à leur travail. Et parfois, c’est un peu de tout. Ces concepts s’appliquent aussi aux parents, qui peuvent être débordés par leurs enfants ou par les femmes qui ont en charge une famille et un travail. Ou dans le cadre de tout engagement de la vie privée.

On entend aussi de plus en plus parler de personnes prises dans des relations toxiques. Les victimes viennent le plus souvent en consultation. Plus rarement, je vois leurs bourreaux. Et assez souvent, des sauveurs surmenés, développant des pathologies liées à leur « mission inconsciente » de sauveurs de l’humanité.

Je vois des gens qui ont subi des tortures morales et physiques depuis leur prime enfance. Des personnes qui ont dû se construire envers et contre tout, pour ne pas dire contre tous.

Nous sommes tous des résilients, à des degrés divers.

La résilience se définit comme la « faculté à « rebondir », à vaincre des situations traumatiques. La résilience est la capacité pour un individu à faire face à une situation difficile ou génératrice de stress. En psychologie, le concept de résilience ou « l'art de naviguer entre les torrents », est introduit en France par Boris Cyrulnik. (psychologies.com).

J’ai du mal avec ce concept, parce que la personne vit toujours, « rebondit », mais dans quel état ?! La personne ne « vainc » pas ses traumatismes. Ses blessures cicatrisent, mais en apparence seulement. Elle ne vit plus, elle survit. Privée de ses repères, sans avoir reçu la structure pour se construire, sans les bases pour s’asseoir, la personne n’a pas les ressources personnelles pour avancer comme elle le devrait ou le pourrait si elle disposait de tous ses moyens. Elle est sans arrêt sur le qui vive, ne (se) fait pas ou plus confiance. Et toujours, la personne résiliente est déconnectée d’elle-même.

Parfois, ces personnes en « transit » dans leur vie, ont la chance de croiser un thérapeute ou un praticien qui leur convient et avec lequel elles vont faire un sacré bout de chemin.

Le déclic se fait quelques fois en une séance. Le plus souvent, il en faut plusieurs pour retrouver un équilibre intérieur et se reconnecter avec soi. Certains y prennent goût et consultent régulièrement.

Quand la magie opère, quel bonheur de voir la personne s’ouvrir, reprendre confiance en elle, se mettre debout et commencer à avancer ! Tout change alors dans sa physionomie : elle abandonne sa carapace, se redresse, se met à rayonner, sourit, rit, pleure, vit, aime, s’aime, tâtonne, essaye, se trompe, rit de ses erreurs, reprend le collier et recommence. Avec confiance. Avec joie. Avec beaucoup, beaucoup de tendresse pour elle-même. Avec infiniment de gratitude pour l’être magnifique qu’elle découvre. Elle apprend à se pardonner et à pardonner aux autres. Elle sort du jugement. Entre dans plus de conscience. Elle vit. Enfin !

Je vous souhaite à tous un beau printemps, un bel été et une vie heureuse.









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